Archives nationales

Filmer les procès, un enjeu social

Exposition audiovisuelle
Entrée gratuite
Du 15 octobre 2020 au 14 mai 2021
Sites de Pierrefitte-sur-Seine et Paris

Les archives audiovisuelles de la Justice, conservées aux Archives nationales, sont pour la première fois montrées au public dans le cadre d'une exposition exceptionnelle. Grâce à la loi du 11 juillet 1985 promue par le ministre de la Justice, Robert Badinter, les caméras ont pu pénétrer dans les prétoires de procès pour suivre des affaires portant sur la Seconde Guerre mondiale, la dictature chilienne et le génocide des Tutsi au Rwanda. Elle offrent l'occasion d'une immersion unique dans des procès intégralement filmés.
Ces archives historiques plongent le public dans des débats judiciaires contradictoires, mettant en jeu l'examen de crimes contre l'humanité, de crimes de génocide et l'attribut de la compétence universelle des tribunaux français.

L'exposition Filmer les procès, un enjeu social, la représentation des archives audiovisuelles de la Justice

 

  • A Pierrefitte-sur-Seine le visiteur est invité à découvrir des extraits issus de 2600 heures d'archives historiques de la Justice, ainsi que des extraits des procès historiques inauguraux des hauts responsables nazi à Nuremberg (1945-1946) et d'Eichmann à Jérusalem (1961). Le procès des 14 Chiliens (2010) accusés d'enlèvement, de séquestration avec actes de torture et de barbarie à l'encontre de quatre Franco-Chiliens, Jorge Klein, Etienne Pesle, Alphonse Chanfreau et Jean-Yves Claudet, lors du coup d'Etat de 1973 au Chili et pendant la répression qui a suivi, peut également être suivi dans son intégralité répartie sur les six jours de la semaine.

 

  • A Paris, dans une approche réflexive, des montages thématiques mettant l'accent sur l'enjeu social de ces procès qui sont garants des valeurs démocratiques.

    Peu d'entre nous ont assisté, dans l'enceinte d'un tribunal, au déroulement d'un procès. Le plus souvent, ce sont les images issues d'œuvres de fiction ou des dessins croqués sur le vif qui ont imprimé dans l'imaginaire collectif une représentation de l'acte de juger.

 

L'exposition audiovisuelle Filmer les procès, un enjeu social, est une occasion inédite et unique d'approfondir la compréhension d'événements, des parcours de vie et des coups de théâtre qui en forment la dramaturgie.

Filmer ces procès est un acte qui renforce la transparence des débats et joue ainsi un rôle important dans la vie démocratique. Il permet de restituer la coprésence des acteurs, aux fortes personnalités, accusés et témoins, juges et procureurs généraux, avocats de la défense et avocats des accusés. Surtout, filmer ces procès est un enjeu social, qui correspond à l'une des missions essentielles des Archives nationales : ouvrir l'accès aux archives pour tout public.

Les archives audiovisuelles de la Justice

Depuis le début des années 80, les Archives nationales mènent une politique active de collecte de fonds d'archives audiovisuelles et d'archives nativement numériques, auprès des administrations centrales de l'État, d'opérateurs publics ou d'acteurs de la vie politique et culturel détenteurs d'archives privées. Elles conservent un ensemble d'archives sonores, vidéos et filmiques constitué de plus de cinquante mille supports, de provenances très diverses.
Cliquer sur l'image : Création des « archives audiovisuelles de la Justice » par la loi du 11 juillet 1985 initiée par Robert BadinterAprès l'interdiction stricte de photographier et d'enregistrer les procès en France du 19 décembre 1954, la création des « archives audiovisuelles de la Justice » (loi du 11 juillet 1985)  fondent des archives qui sont une exception au régime générale des Archives (code du patrimoine, L221-1 à L221-5 et L222-1 à L222-3) : elles sont librement consultables aux Archives nationales, à des fins scientifiques et historiques, dès que la décision judiciaire est devenue définitive et que toutes les voies de recours ont été épuisées. La diffusion, la reproduction et l'exploitation sont interdites.
Les Archives nationales conservent treize procès ainsi filmés (2600h)

 

  • Klaus Barbie (1987),
  • Paul Touvier (1994),
  • Maurice Papon (1998),
  • Faurisson contre Badinter (2007) ;
  • Scandale sanitaire du sang contaminé (1992 et 1993) ;
  • Scandale industriel AZF (2006 et 2017) ;
  • 14 Chiliens accusés de la disparition forcée de quatre Franco-Chiliens (2010) ;
  • Du génocide des Tutsi au Rwanda mettant en accusation Pascal Simbikangwa (2014 et 2016) et Octavien Ngenzi et Tito Barahira (2016 et 2018).

 

Les commissaires de l'exposition
Martine Sin Blima-Barru, conservatrice du patrimoine, responsable du département de l'archivage électronique et des archives audiovisuelles aux Archives nationales.
Christian Delage, professeur à l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, directeur de l'Institut d'histoire du temps présent, réalisateur.

Autour de l'exposition à Pierrefitte

  • Retransmission de la journée d'étude du 22 octobre 2020 :

Regards croisés sur les procès filmés : filmer, exposer, rendre accessible
Journée d'étude organisée en partenariat avec l'Institut d'histoire du temps présent, le Mémorial de la Shoah et les Archives nationales, à l'occasion de l'ouverture de l'exposition Filmer les procès, un enjeu social.
Retrouver l'intégralité des interventions sur la chaîne YouTube des Archives nationales.
Programme {Pdf-190Ko}

  • Visites guidées par les commissaires de l'exposition, Martine Sin Blima-Barru et Christian Delage
     
  • Visites guidées pour les individuels, les vendredis après-midi de 14h à 15h - Durée : 1h

Gratuit sur réservation
Renseignements et réservations pour les individuels : service-educatif.an@culture.gouv.fr

  • Visite-atelier Images de la justice pour l'histoire pour les groupes scolaires (classes de 3e et de Terminale)

Comment filmer un procès historique, le prétoire, la parole et l'engagement de tous ses acteurs, sans nuire à la sérénité des débats, ni à la qualité de la réception de tous ceux qui en prendront connaissance aux Archives nationales ? À travers l'analyse de quelques extraits des procès présentés dans l'exposition, l'atelier propose aux élèves de réfléchir aux enjeux techniques, juridiques et historiques des archives audiovisuelles de la justice ainsi qu'à leur valeur publique et scientifique.
Du lundi au vendredi - Durée : 2h
Renseignements et réservation pour les scolaires : service-educatif.an@culture.gouv.fr
Tél. 01 75 47 20 06 (lundi, mardi et jeudi de 14h00 à 17h30 ; mercredi de 9h00 à 12h30, et de 14h00 à 17h30)

  • Visites subjectives

Depuis quelques saisons, les Archives nationales proposent en sus des visites guidées par les commissaires des visites subjectives. Elles consistent en des visites commentées dont le guide peut être une personnalité ayant vécu les événements historiques traités dans l'exposition, un historien dont c'est le sujet de recherche ou tout autre personne qui apporterait un regard singulier et complémentaire au propos des commissaires.

Autour de l'exposition à Paris

  • Projections de films documentaires (à venir)

Salle audiovisuelle – hôtel de Soubise, Entrée libre et gratuite

  • Caméras dans le prétoire, réalisation Christian Delage, Rafael Lewandowski, (2007, France)
  • Le procès de Nuremberg : les nazis face à leurs crimes, réalisation Christian Delage  (2006, France)
  • Le procès d'Adolf Eichmann, réalisé par Michaël Prazan et Annette Wievorka (2012, France)
  • La Rafle des enfants d'Izieu. Extraits des archives filmées du procès Barbie, réalisé par Christian Delage, et Anne Grynberg (1994, France)
  • Le procès Barbie, Lyon - 11 mai/4 juillet 1987, réalisé par Jérôme Prieur et Philippe Truffault (2011, France)
  • Klaus Barbie : un procès pour la mémoire, réalisé par Jérôme Lambert et Philippe Picard (2017, France)
  • Pinochet, un procès pour l'histoire réalisé par Fabien Lacoudre et Sarah Pick (2015, France)
  • D'Arusha à Arusha, réalisation Christophe Gargot, (2008, Canada)
  • Bruxelles-Kigali, réalisé par Marie-France Collard (2011, Belgique)