Archives nationales

Testaments de Poilus

Le 1er août 1914, l'ordre de mobilisation générale est décrété en France. Partant à la guerre sans savoir s'ils en reviendront, de nombreux Parisiens mobilisés rédigent leurs testaments. Ces testaments de guerre, mis à exécution après leur mort au front ou des suites de leurs blessures ou maladies contractées en service, sont désormais conservés au Minutier central des notaires de Paris qui en a organisé la collecte à partir de 2012.

En 2013, l'École nationale des chartes et les Archives nationales se sont associées pour donner la première édition numérique d'une sélection de 134 testaments de guerre repérés dans trois études notariales parisiennes. Cette édition numérique disponible en ligne (http://elec.enc.sorbonne.fr/testaments-de-poilus/ ) a mis en évidence l'intérêt mémoriel et historique de ces documents de la Grande Guerre. Il convenait d'aller plus loin et d'étendre l'enquête. Telle est l'ambition de la plateforme de transcription collaborative.

  • Le projet Testaments de Poilus vise à produire une édition électronique d'un millier de testaments des Poilus de la Première Guerre mondiale retrouvés dans les fonds des Archives nationales et des Archives départementales des Yvelines. Pour cela, deux opérations sont nécessaires : transcrire le texte des testaments et l'encoder dans le format informatique TEI.
     
  • Par testament de guerre de Poilus on entend un testament manuscrit par le testateur entre le 1er août 1914 et le 11 novembre 1918, par un Transcription collaborative des Testaments de Poilusparticulier qui a été mobilisé ou s'est engagé de manière volontaire, et est mort pour la France durant la Guerre. Cependant, les testaments n'entrent dans les minutiers des notaires qu'au décès du testateur.
     

À la mort du Poilu, c'est donc un proche, si celui-ci s'est vu confier cet écrit par le défunt (souvent le conjoint), ou l'administration militaire, qui va effectuer les formalités nécessaires, en apportant cet écrit ou en le faisant apporter au juge. Le  testament olographe doit être validé par le tribunal d'instance, lequel le remet au notaire, qui l'enregistre à son répertoire au jour du dépôt. Cette date, qui est celle de la minute notariée, est donc forcément postérieure à la date de rédaction, mais aussi à la date de décès du testateur.

Certains Poilus étant morts des suites de leurs blessures ou de maladies contractées au front à une date postérieure à l'armistice, l'identification de certains morts ayant été longue et délicate, les éventuels testaments sont donc à rechercher dans les minutiers au-delà de novembre 1918.


Plateforme web de transcription collaborative

Lancement du projet
Depuis janvier 2018, les Archives nationales ont développé une plateforme web participative sur laquelle les volontaires peuvent aider à transcrire des testaments et à les encoder. Ils contribuent ainsi à leur analyse historique et à leur publication en ligne.
Des conférences et ateliers présentent le corpus des testaments, les enjeux de leur transcription et les étapes de la préparation d'une édition électronique.
Informations pratiques : https://testaments-de-poilus.huma-num.fr