Archives nationales

Collections du musée

Le musée instigué par Léon de Laborde (directeur général des Archives de l'Empire de 1857 à 1868) connaît ses prémices avec le « Musée sigillographique » de Jean Antoine Letronne (Garde général des Archives de 1840 à 1848), qui expose dans la salle des gardes, depuis 1847, quelque 13000 empreintes de sceaux. Laborde le développe par une présentation de plus de 1800 documents, tous produits par des institutions ou des personnalités françaises et concernant exclusivement le territoire national. Pour créer ce parcours, Laborde et ses collaborateurs travaillent pendant cinq ans au choix des documents ce qui nécessite le repérage des actes, leur extraction de leur série d'origine - puisqu'il s'agit de créer une collection factice de documents rattachés au musée, avec sa cotation et sa logique de classement propres.
Ce « Musée français », inauguré le 19 juillet 1867, est complété, dans un second temps, par un « Musée étranger » consacré au rayonnement militaire et diplomatique du pays à travers le monde (installé au rez-de-chaussée en 1878).

Les collections du musée sont ordonnées comme suit :
AE I (Armoire de fer), AE II (Musée des documents français), AE III (Musée des documents étrangers), AE IV (Collections sigillographiques), AE V (Pièces à conviction et objets saisis), AE VI (Objets historiques). La sous-série AE IV n'existe plus aujourd'hui, puisqu'elle a été remplacée par le Centre de sigillographie et d'héraldique. Voir sur la Base de données ARCHIM

- AE I Armoire de fer

- AE II Musée des documents français
Cette sous-série est constitué d'un fonds ancien qui correspond aux choix effectués par Laborde et ses collaborateurs au moment de la création du musée auquel s'ajoute le nouveau fonds composé de pièces inscrites au fur et à mesure de leur entrée au Musée. Le fonds ancien est formé d'une suite chronologique continue depuis les Mérovingiens jusqu'au Premier Empire. On y trouve ainsi le plus ancien document conservé aux Archives nationales (Confirmation par Clotaire II d'une donation faite à l'abbaye de Saint-Denis, 625), l'interrogatoire des Templiers en 1307, la révocation de l'Édit de Nantes en 1685.

- AE III Musée des documents étrangers
Cette sous-série contient les traités et documents diplomatiques concernant les relations de la France et des puissances étrangères. Par exemple, la ratification par Henri VIII, roi d'Angleterre, du traité d'Ardres signé avec François Ier en 1546 ou la lettre de Fath-Ali Shah, roi de Perse, à Napoléon Ier en 1806.

- AE V Pièces à conviction et objets saisis
Cette sous-série est constituée d'objets retirés des dossiers de police ou des procédures avec lesquelles ils étaient conservés à titre de pièces à conviction. Les plus anciens remontent au milieu du XVIIIe siècle, les plus récents aux années soixante du XXe siècle : attentat de Damiens contre Louis XV (1757), affaire Choiseul-Praslin (1847), procès contre l'OAS (1959-1965).

- AE VI Objets historiques
L'origine de cette sous-série est triple. Certains objets ont été déposés directement aux Archives de la nation à titre de monuments historiques (maquette de la Bastille, étalons des poids et mesures, clefs des villes prises à l'ennemi, mobilier des hôtels de Soubise et de Rohan, etc.). D'autres ont été donnés ou achetés dans le même esprit, comme le portefeuille du ministre Clarke ou la tapisserie de l'histoire d'Achille provenant de l'hôtel de Rohan. D'autres enfin étaient contenus dans les dossiers d'archives et en ont été retirés pour une meilleure conservation. Signalons enfin que toutes les peintures appartenant au décor des hôtels de Soubise et de Rohan (dessus-de-porte notamment) ont reçu une cote en AE VI.