Archives nationales

1959 au TNP

L'aventure du Théâtre Récamier

L'idée d'un théâtre populaire, au sens de « peuple », date de la fin du XIXe siècle et de  l'expérience de Maurice Pottecher au Théâtre du Peuple à Bussang. Jean Vilar en reprenant  l'appellation de Théâtre national populaire voulu par Firmin Gémier en 1920, poursuit cet objectif d'accessibilité et de rassemblement national.

1959 au TNP. L'aventure du Théâtre Récamier. Document à feuilleter et à partager.

< Document à feuilleter, à télécharger, à partager

Jean Vilar signe un contrat de régie direct avec l'État le 20 août 1951 pour exploiter la salle du Palais de Chaillot. Son projet voit le jour grâce aux personnalités qui acceptent d'œuvrer à ses côtés, Jean Rouvet, administrateur général jusqu'en 1959, Sonia Debeauvais, responsable des rapports avec le public à partir de 1957, mais aussi grâce à des partenariats ponctuels comme avec l'artiste Alexandre Calder en 1952 ou le scénographe Jacques Le Marquet. De la troupe de comédiens qu'il parvient à former, des figures émergent, malgré l'accent porté au collectif, comme Maria Casarès, Jeanne Moreau ou Gérard Philipe : autant de mises en scène, d'acteurs et d'actrices qui peuplent encore, à plus de soixante ans de distance, notre imaginaire.

 

 

Logo du TNP
< Cliquer pour agrandir l'image du logo du théâtre national populaire (TNP)

Le Théâtre national populaire s'incarne sous les traits de Jean Vilar, mais il est aussi une aventure,  une expérience de confiance entre lui et l'administration en charge des théâtres en France – Jeanne Laurent évidemment, sa hiérarchie et les ministres de tutelle. Jean Vilar n'a pas seulement réfléchi à une esthétique, à un public rêvé mais aussi au fonctionnement d'un théâtre qui ne repose pas sur la consommation mais sur l'échange. Ce rapport au public est incarné notamment par les questionnaires à remplir à l'issue d'une soirée.

Costumes de Gérard Philipe dans le rôle de Rodrigue, pour Le Cid, sans date.

< Cliquer pour agrandir l'image du costume de Gérard Philipe dans le rôle de Rodrigue, pour Le Cid, sans date.

Conscient de l'expérience unique portée par lui et son équipe, Jean Vilar décide dès 1951 d'en former la trace et d'envoyer à la Bibliothèque de l'Arsenal les affiches et les programmes de son théâtre. Ces documents font aujourd'hui partie du département des Arts du spectacle de la Bibliothèque national de France et sont rassemblés dans la série COL-71. Nourri par la même logique il décide de confier les archives de sa direction aux Archives nationales où elles arrivent dès 1966. Elles sont aujourd'hui classées dans la sous-série 295AJ. Enfin à sa mort les archives conservées chez lui rejoignent Avignon et constituent aujourd'hui le noyau des fonds conservés à la BnF – Maison Jean Vilar.

Ces institutions vous proposent de croiser leurs fonds dans le feuilletage proposé pour découvrir l'actualité du TNP à 60 ans de distance. En octobre 1959 Jean Vilar prend possession avec la troupe du TNP d'une seconde salle après celle du Palais de Chaillot, le Théâtre Récamier, qu'il dédie uniquement aux textes contemporains. Dans le même temps se joue un premier accroc dans le projet, la disparition brutale de Gérard Philipe le 25 novembre 1959.