Archives nationales

Henri Bergson lauréat du concours général

Épreuve de « mathématiques, cosmographie, mécanique » du concours général, 1877.
Arch. nat., AJ/16/799

 

Henri Bergson lauréat du concours général
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Le sujet posé à l'épreuve de « mathématiques, cosmographie, mécanique » du concours général de 1877 a permis à un élève du lycée Fontanes – rebaptisé lycée Condorcet en 1883 – nommé Henri Bergson d'obtenir le premier prix grâce à huit pages de brillantes démonstrations et trois figures géométriques particulièrement soignées. Alors scolarisé en classe de mathématiques élémentaires – actuelle terminale scientifique –, Bergson, âgé de 18 ans, démontre de grandes qualités scientifiques. Pourtant, c'est en section lettres qu'il intègre en 1878 l'École normale supérieure.
Agrégé de philosophie à 22 ans en 1881, il entame une carrière d'enseignant d'abord dans l'enseignement secondaire aux lycées d'Angers et de Clermont-Ferrand, puis dans le prestigieux lycée parisien Henri-IV en 1890.
Devenu professeur à l'École normale supérieure, il obtient la chaire de philosophie grecque au Collège de France en 1900, puis celle de philosophie moderne en 1904. Ses nombreux écrits, notamment sur la mémoire ou la conscience, en font le grand philosophe de cette première moitié du XXe siècle. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1927.
Les Archives nationales conservent les copies primées depuis 1822 et la maison Delalain édite le palmarès depuis 1827. On y repère les noms de Marcel Sembat, deuxième prix de version latine de la classe de quatrième, cette même année 1877, Léon Blum, deuxième prix de dissertation française en 1889, avec pour sujet « La justice ». Jacqueline de Romilly, en classe de première au lycée Molière en 1930, obtient le premier prix de version latine – devançant au palmarès dix garçons – et le deuxième prix de version grecque.
En cette année 1877, le lycée Fontanes totalise un tiers des prix distribués, loin devant le collège Stanislas et le lycée Louis-le-Grand. Créé au XVIIIe siècle, le concours général des lycées et collèges de Paris et de Versailles et, plus tard, des départements, récompense les meilleurs élèves dans les différentes disciplines des programmes scolaires. Suspendu sous la Révolution et entre 1904 et 1921, il est ouvert aux lycéennes en 1924. Il s'adapte aux évolutions de l'enseignement secondaire : en 1995, il s'ouvre à 17 disciplines du baccalauréat professionnel, puis à d'autres matières, comme le chinois en 2007. En 2012, plus de 15 000 candidats s'y sont présentés et 363 en ont été lauréats.


Édith Pirio,
Archives nationales

Texte de la notice publiée dans Historia, n° 799, juillet 2013, p. 20.