Archives nationales

L'archivage numérique aux Archives nationales

Principes de l'archivage des données numériques

Le patrimoine archivistique est le reflet de la société et de ses pratiques, il suit l'évolution des supports, aussi, quand, dans les années 80, les outils informatiques se sont déployés dans l'administration, les archives nativement numériques (sans équivalent papier ou filmique) se sont considérablement accrues et les Archives nationales ont dû mettre en place des outils et des modes opératoires permettant de collecter, classer, conserver et communiquer au public ces nouveaux types d'archives. Conserver n'est pas stocker. Archiver des données numériques implique de :

  • les garder intelligibles et exploitables dans le temps, au-delà de l'obsolescence technologique de leurs environnements applicatifs de production, de leurs formats et de leurs supports mais aussi,
  • de garantir leur intégrité (le fait que leur contenu est complet), et enfin,
  • garantir leur authenticité (le fait que leur contenu n'a pas été modifié – ou que les modifications sont tracées).


Faire de l'archivage numérique ne revient donc pas seulement à conserver des fichiers, mais à conserver la possibilité de les lire dans le temps.

Les Archives nationales, pionnières de l'archivage numérique

Les Archives nationales sont l'un des premiers services d'archives au monde à avoir pris en compte très tôt la question des archives électroniques. Le système CONSTANCE « CONservation et STockage des Archives Nouvelles Constituées par l'Electronique », dédié au traitement de ce type de documents, a en effet été créé dès le début des années 1980, afin de conserver l'intégrité des « archives électroniques» et de les  garder  intelligibles sans  limitation de durée, un défi majeur face à  la rapidité de l'obsolescence technique. Le principe retenu est de les rendre accessibles en dehors des systèmes qui les ont produites et de permettre à n'importe quel utilisateur de les décoder à travers les décennies.
Les premiers versements étaient essentiellement composés de fichiers d'enquêtes statistiques notamment en provenance de l'INSEE mais aussi des services statistiques de plusieurs ministères (Agriculture, Équipement, Industrie, etc.). Ces enquêtes statistiques ont été traitées aux Archives nationales comme des fonds mixtes composés des fichiers électroniques des enquêtes et de la documentation s'y rapportant et permettant de conserver la structure des données dans le temps, de manière à pouvoir continuer à les interroger. Par exemple, l'archivage des recensements de population de l'INSEE de 1962, 1968, 1975 et 1982 permet d'approfondir la réflexion sur la méthodologie à adopter et constituent aujourd'hui un témoignage sans précédent très utile pour les sociologues.

Avec les mutations rapides des usages de l'informatique, d'autres types de documents sont aujourd'hui versés et conservés aux Archives nationales : archives originales produites par des outils numériques, fichiers bureautiques, messageries, exports d'applications, photographies numériques, audiovisuel numérique.

On constate donc, que les archives nativement produites sous un format électronique ne font que croître et se diversifier. L'utilisation généralisée des outils informatiques au sein des services de l'État, le développement de l'e-administration, la multiplication des projets de dématérialisation, le passage au numérique dans le domaine de la photographie et de l'audiovisuel, le succès des moyens d'échanges électroniques et des médias sociaux sont les marqueurs principaux de cette évolution.

Les Archives nationales conservent aujourd'hui 200 millions de fichiers nativement numériques, soit 52 To de données accessibles.

Cette tendance ne peut que se renforcer dans les années à venir. Au début des années 2020, on estime qu'il faudra faire face à la nécessité de gérer plusieurs pétaoctets (milliers de téraoctets) d'archives électroniques publiques à vocation historique. Mettre à niveau les moyens d'assurer la collecte, la conservation et la diffusion de ces documents représente donc un enjeu essentiel pour l'avenir des Archives nationales.

  • 35 ans d'archives électroniques et audiovisuelles conservées aux Archives nationales
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