Archives nationales

« Trouvé un enfant femelle rue des Bernardins »

Billets déposés sur des enfants abandonnés, [18e siècle]
Paris, Archives nationales, Y//11443.


Billets trouvés sur les enfants abandonnés, (office de Chénon père, XVIIIe siècle). Paris, Archives nationales, Y//11443.< Cliquer sur l'image pour l'agrandir

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Les abandons de nouveau-nés sont courants à Paris. Le commissaire tient registre des enfants trouvés dans son quartier avant qu'ils soient confiés à des institutions. Il conserve aussi avec soin les billets que laissent les parents sur le nouveau-né. Griffonné à la hâte, il contient les ultimes recommandations pour ceux qui trouveront l'enfant et en prendront soin. Beaucoup espèrent pouvoir récupérer leur enfant plus tard, dans un abandon qui est présenté comme une solution temporaire.

On sait que ce billet concerne une petite fille trouvée rue des Bernardins. Le commissaire Pellerin a noté dans son registre :
« N°91. Du 1er novembre 1740. Onze heures du matin
Trouvé un enfant femelle rue des Bernardins paraissant nouvellement née dans les langes duquel s'est trouvé un billet et à icelui attaché un morceau de damas broché couleur jonquille à fleur d'argent 
»
Les quelques lignes manuscrites, très maladroitement écrites et laissant de nombreux mots manquants, donnent à penser que le billet a été mal recopié sur un billet analogue.
« Ons prie ceus / au nons lains sains / dains avoie / uille naie / le premié de neuvain- / -bre és uille n'és / poins batisai / esposai au ta trouvé / dans l'ané mil 7 sains te. »

« On prie ceux au nom [de tous] les saints d'en avoir [soin], elle est née le 1er novembre et elle n'est point baptisée, exposée aux Enfants Trouvés dans l'année 1740.
Dans son registre, le commissaire Pellerin conclut :
« Lequel enfant nous avons envoyé à la Couche des Enfants Trouvés pour [y] être nourri et élevé en la manière accoutumée »

Sur un autre billet, on peut lire :
« Cet anfans est un garsons qui est nee a dix hoeur du matin le veingt e six octobre mil sept cens trante e huit le non du pere est francois de la boutie e genevieve pronos sa mere nous prions dans avoir soins nous serons obligee de prier dieu pour la conservations de votre sante nous esperons le retiree quant nos a faire serons finie. »
« Cet enfant est un garçon qui est né à dix heures du matin le 26 octobre 1738, le nom du père est François de la Boutie et Geneviève Pronos sa mère, nous prions d'en avoir soin, nous serons obligés de prier Dieu pour la conservation de votre santé, nous espérons le retirer quand nos affaires seront finies
 ».