Archives nationales

Quand les artistes dessinaient les cartes

Parcours de l'exposition

Le parcours est organisé en trois séquences.

  • Les premières figurations de l'espace français

La première partie met l'accent sur les usages et objectifs des premières cartes figurant l'espace français ainsi que sur leur contexte de création. Assez curieusement, aucune de ces cartes n'était faite pour montrer le chemin d'un lieu à un autre ou pour guider le voyageur. Faites à la demande de commanditaires prestigieux (rois, princes, abbayes, villes), elles étaient liées à des pratiques de gouvernement : juger et dire le droit, aménager et défendre, guerroyer et commémorer, décrire et célébrer.
Puis sont mis en avant les auteurs de ces cartes : quelques lettrés, mais surtout des artistes reconnus et renommés. A partir du XVIe siècle, des évolutions importantes ont lieu, avec la multiplication des cartes imprimées, qui change en profondeur le rapport aux cartes, et l'apparition de cartographes professionnels.

  • Vues, figures et portraits « au vif »

La deuxième partie est un focus sur les cartes manuscrites en tant qu'images et à leur construction. Les peintres ont déployé tout leur savoir-faire artistique, et même plus. Ils mettent alors au point certaines innovations pour représenter l'espace : utilisation d'un point de vue haut, qui donnera plus tard les vues à vol d'oiseau, d'un point de vue à 360°, comme sur les tables d'orientation, ou encore conjugaison de points de vue et de perspectives multiples pour assembler des lieux que l'œil ne pourrait percevoir d'un seul coup. On peut constater une autre innovation capitale, mais qui est moins le fait des peintres que des architectes, lettrés et savants, soit l'introduction de l'échelle, qui reste cependant rare sur les cartes manuscrites.

  • Un regard sur le monde

Le troisième volet démontre que ces cartes offrent un regard sur le monde. Un regard qui n'est pas exempt de motivations particulières et d'arrière-pensées, comme l'attestent les figures judiciaires, faites pour servir de preuve ou de documents d'expertise lors d'un procès. Mais un regard qui offre, à l'égal des œuvres d'art, des vestiges et de l'archéologie, des renseignements précieux sur les paysages anciens, comme le montre le florilège final de vues et figures de quartiers urbains, fermes et moulins, montagnes, forêts, rivières et marais.    

Un épilogue montre enfin comment les cartes modernes, fondées sur la mesure et la projection mathématique, ont progressivement imposé leur mode de représentation de l'espace, tandis que perdurent, pour partie, des procédés de la cartographie ancienne présente dans l'exposition.