Archives nationales

La 4 CV reçue à son examen de passage!

Dossier de réception de la Renault 4 Chevaux, 1947.
Arch. nat., 19900106/79.

Au lendemain de la guerre, dans un contexte de pénurie néanmoins propice à la relance économique, la Régie nationale des usines Dossier de réception de la Renault 4 Chevaux, 1947. Arch. nat., 19900106/79.Renault lance un nouveau modèle de voiture qui deviendra rapidement le symbole du renouveau de la marque : la 4 Chevaux.

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Placées sous commandement allemand durant l'Occupation, les usines Renault se voient interdire, à l'instar des autres entreprises automobiles, le développement de tout nouveau projet. L'activité des usines est alors presque exclusivement tournée vers la production de matériel militaire destiné à l'armée allemande. Cependant, les ingénieurs Renault envisagent déjà l'après-guerre et travaillent dans l'ombre à la conception d'un nouveau modèle.

Ce projet se concrétise par le dépôt auprès du Service des mines, en 1943, d'une demande d'homologation d'un premier prototype : le 106 E. Les caractéristiques techniques sont déjà très proches de la future 4 CV [fiscaux]. Le moteur est un quatre-cylindres de 760 cm3, placé à l'arrière de la voiture. Seule l'esthétique du véhicule, dont la silhouette, toute en rondeur, est manifestement très inspirée par la Volkswagen Coccinelle, n'est pas très réussie.

Dossier de réception de la Renault 4 Chevaux, 1947. Arch. nat., 19900106/79.
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Elle fera d'ailleurs l'objet de modifications sensibles avant la commercialisation du modèle définitif. Le 3 octobre 1946, la 4 CV est présentée au public au Salon de l'automobile de Paris. Le succès est immédiat, car la voiture répond aux attentes de la clientèle : un véhicule aux dimensions et au poids modestes (3,60 m de long pour 560 kg !), relativement peu onéreux à l'achat et économique à l'usage. À sa sortie, le coloris unique proposé, un jaune pâle hérité d'un stock de peinture de l'Afrika Korps, lui vaut le surnom de « motte de beurre ».
La 4 CV n'en est pas moins un véritable succès populaire, ce qui incite le constructeur à en décliner de nombreuses versions. Dès 1948, apparaissent les modèles « commerciale », « luxe » et « décapotable » (plus connu sous le nom de Saprar). En 1949, elle est la voiture la plus vendue en France. Un modèle sport sera même spécialement conçu pour participer aux rallyes. La 4 CV s'y verra couronnée de succès.
Certaines versions seront développées pour l'exportation. La voiture se vend bien à l'étranger, non seulement en Europe mais également aux États-Unis et au Japon !

La production de la 4 CV s'arrête en 1961 avec l'arrivée de la non moins célèbre 4 L. 1 105 547 exemplaires auront été produits, un record à l'époque pour une voiture française.
"Avant sa mise en circulation […] tout véhicule à moteur […] doit faire l'objet d'une réception nationale […]" (art. R321-15 du code de la route). La réception (ou homologation) des véhicules fut longtemps la mission du Service des mines, aujourd'hui remplacé par les directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement [DRIRE]. Le dossier, généralement peu dense, comporte la demande écrite de réception du véhicule,
accompagnée de la notice technique descriptive du prototype et, quelquefois, de documents techniques complémentaires : plans du châssis ou de la carrosserie, système de freinage ou d'échappement. La pièce maîtresse du dossier demeure le célèbre "barré rouge" (ainsi dénommé en raison de la barre rouge rayant, le plus souvent, le document sur sa diagonale) qui atteste officiellement de la conformité du véhicule.

Jean Clément
Archives nationales.

Texte d'origine de la notice publiée dans Historia, n° 742, octobre 2008, p. 18.