Exposition

La carte de France de Cassini. Une encyclopédie du territoire

Du 14 octobre 2026 au 01 février 2027

Date et horaire

Du 14 octobre 2026 au 01 février 2027

Lundi, mercredi, jeudi, vendredi : 10h – 17h30 Samedi, dimanche : 14h – 17h30, 14h – 19h lors des grandes expositions Fermé tous les mardis Fermeture le 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Lieu

Le musée des Archives nationales – L’hôtel de Soubise - 60, rue des Francs-Bourgeois - 75003 Paris

Accès

Public

Tous publics

Tarif

Gratuit

PROCHAINEMENT

Chef d’œuvre cartographique du XVIIIe siècle, la carte de France de Cassini est la première carte de France levée géométriquement à l’échelle d’un pays entier.
Document historique emblématique, composé de 181 feuilles, c’est aussi un objet d’art monumental de onze mètres de largeur sur douze mètres de hauteur. S’appuyant notamment sur un versement majeur de l’IGN aux Archives nationales, l’exposition retrace l’histoire de la carte sous un jour inédit.

En 2021 et 2025, l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) a versé aux Archives nationales le fonds des archives relatives à la carte de France de l’Académie, plus connue sous le nom de carte de France de Cassini.
Ce fonds remarquable se compose des calculs, des écrits, des minutes mais aussi des cuivres et des tirages originaux relatant la fabrication et la vie de cette carte entre 1750 et les années 1950. Un fonds dont le caractère exceptionnel permet de dévoiler aujourd’hui des aspects méconnus d’une œuvre à la portée universelle; une œuvre conçue par quatre générations d’astronomes et cartographes : les Cassini.


L’art de la science

Première carte levée « géométriquement » à l’échelle d’un pays tout entier, le royaume de France, à l’époque le plus puissant et le plus peuplé d’Europe, sa réalisation est admirable à plus d’un titre. Elle est, d’abord, le fruit d’une volonté étatique continue qui, avec Louis XIV et Colbert, Louis XV puis Bonaparte, en décide et pérennise le projet ; même si, de 1756 à 1793, une société privée la finance en partie. Elle implique le recours à des techniques scientifiques innovantes, pour la méthode et les instruments, qui la lient à la création de l’Académie des sciences en 1666 et de l’Observatoire de Paris en 1667. Elle naît de la constance de savants qui la mettent en œuvre jusqu’en 1815, aux côtés de la dynastie des quatre Cassini de 1669 à 1793. Elle résulte d’un travail de terrain puis de restitution par la gravure, à la fois minutieux, normé, parfois difficile, et de très longue haleine, depuis les levés de l’abbé Picard en 1668 jusqu’aux derniers levés vérifiés en 1790. Elle est hors norme, enfin, par son déploiement final, dans l’espace bien sûr puisque les 181 feuilles assemblées font plus de douze mètres de haut sur onze de large ; mais aussi dans le temps, car des premiers travaux en 1668 à l’ultime usage des cuivres au XXe, s’écoulent presque trois siècles !


Une aventure hors du commun

La construction de la carte de France de Cassini constitue une véritable épopée. De l’astronome au libraire en passant par l’ingénieur-cartographe, le vérificateur ou encore le graveur, chaque métier se doit de travailler avec grande précision et dans le respect des consignes détaillées par Cassini III en 1744 dans sa Description géométrique de la France. Levés, toponymie, calculs, dessins, signes… toutes les étapes sont scrupuleusement respectées. Lentilles-objectifs, graphomètres à lunettes, quart-de-cercle…, des instruments de pointe pour l’époque sont utilisés.
Ce travail scientifique de terrain durera plus de 70 ans avant d’atteindre sa finalisation en 1815. Une entreprise titanesque reposant sur une méthode inédite : la triangulation qui permet de mesurer les distances avec grande précision en reliant des points fixes comme des tours, des clochers, des collines.
Les habitants sont invités à collaborer, notamment pour nommer les lieux cartographiés. Ils ne le font parfois qu’avec réticence, car derrière l’entreprise «participative», ils devinent que se cache la volonté royale de mieux gérer mais aussi de mieux contrôler le royaume. Pour la science en revanche, ces nouvelles méthodes de travail vont permettre de créer une première carte territoriale complète de la France, une véritable encyclopédie du territoire.


Prestige et postérité

Ce monument cartographique va être diffusé dans une diversité matérielle remarquable, de l’exemplaire ordinaire au plus prestigieux. Le rôle des libraires a, ici, une grande importance. Certains proposent la carte avec multitude de possibilités : mise en couleur, entoilage, reliure, étui, baguette de suspension… 
L’exceptionnelle qualité de certains exemplaires présentés dans l’exposition, dont un sur soie, reflète l’éminence de leur propriétaire, tels le roi Louis XVI ou la reine Marie-Antoinette. Le gigantisme d la carte de France de Cassini n’a d’égal que sa pérennité d’usage ; le plus marquant étant la création des Départements en 1790, à laquelle elle sert de base cartographique. D’autres usages administratifs persistent jusqu’à nos jours, tel celui qui touche aux droits liés aux moulins. Son apport pour l’histoire actuelle de l’environnement ou en archéologie est tout aussi essentiel. Aventure scientifique à portée universelle, monument cartographique d’exception, la carte de France de Cassini devient un modèle pour la cartographie occidentale dont elle renouvelle les méthodes.

Commissariat scientifique
Nadine Gastaldi, conservatrice générale du patrimoine, responsable de la mission Cartes et plans aux Archives nationales

Commissariat technique
Jérôme Séjourné, chargé d’études documentaires aux Archives nationales

Régis Lapasin, responsable du service des expositions, département de l’action culturelle et éducative aux Archives nationales

Conférences dans le cadre de l'exposition

- Samedi 17 octobre 2026 : "Cartographier le royaume de France, XVIIe-XVIIIe siècles : instruments et méthodes" par Nathan Godet, Docteur en histoire, Chercheur associé au Centre François Viète d'épistémologie et d'histoire des sciences et des techniques, Université de Bretagne Occidentale.

- Samedi  14 novembre 2026: "Le développement de la cartographie du monde au XVIIIe siècle" par Hélène Richard, Archiviste paléographe, conservatrice générale honoraire des bibliothèques, Vice-présidente de l’Académie de marine.

- Samedi 28 novembre 2026 : "La carte de France dans tous ses états : personnalisation et commerce des exemplaires au temps des Cassini" par Thierry Claerr, responsable de la bibliothèque des Archives nationales et membre du Centre Jean-Mabillon, Sylvie Le Goëdec, chargée d’études documentaires à la bibliothèque des Archives nationales, et Hélène Richard, Archiviste paléographe, conservatrice générale honoraire des bibliothèques, Vice-présidente de l’Académie de marine.

- Samedi 23 janvier 2027: "Les archives de la Carte de France : de la saisie au versement aux Archives nationales" par Nadine Gastaldi, conservatrice générale du patrimoine, responsable de la mission Cartes et plans des Archives nationales et commissaire de l’exposition.

Lieu : Hôtel de Soubise, salon du Prince à 14h30

Visites guidées de l'exposition

Consulter l'agenda pour réserver une visite guidée.

Vernissage pédagogique

Mercredi 14 octobre 2026 sur le site de Paris, à 17h

=>  Ouverts au personnel de l’Éducation nationale uniquement, sur inscription à service-educatif.an@culture.gouv.fr en précisant nom, prénom, établissement (nom et commune).

L'exposition en images

« Hemisphaerium Coeli Boreale… » [Voûte céleste de l’hémisphère Nord…], par Johann Gabriel Doppelmayr et Jean-Baptiste Homann, 1730-1742 Gravure sur cuivre Archives nationales, MAP/6JJ/94/C, pièce 62
Feuille 25, Rouen (Seine-Maritime), de la carte de France de Cassini, gravé par Louis Jacob, 1757 ; Archives nationales, MAP/6JJ/44/pièce 25
Boîte-étui d'une série de 17 boîtes, imitant une reliure, contenant une collection de cartes de Cassini pliées en 18 pans, réputée provenir du cabinet de Louis XVI, fin XVIIIe siècle Archives nationales, Bibliothèque, 4° E III 200 (Réserve)
Louis XIV reçoit les membres de l'Académie des Sciences (1667) par Henri Testelin, heliogravure par Herbert 1957. Archives nationales, 19870059/4 pièce 3
Prospectus « Projet de souscription pour la carte générale de la France en 173 feuilles, proposé par M. Cassini de Thury », imprimé par Antoine Boudet, imprimeur du Roi, 1758 ; Archives départementales de la Gironde, C/2411, Archives nationales de France
Utilisation d’un quart de cercle à l’horizontal, dans la Mesure de la Terre (détail de la première planche), par Jean Picard, Paris, Imprimerie royale, 1671 Bibliothèque nationale de France, Réserve des livres rares, Rés.S-2 © BnF
Portrait miniature de l’astronome César-François Cassini III de Thury, par Jean-Marc Nattier, aquarelle sur ivoire, vers 1750 ; The Walters Art Museum, Baltimore (États -Unis), 38.101

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