Exposition

Lafayette entre France et Amérique. Histoire et légende

Du 01 avril au 14 juillet 2026

Date et horaire

Du 01 avril au 14 juillet 2026

Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 17 h 30 Samedi et dimanche de 14 h à 19h Fermé le mardi et le 1er mai

Lieu

Le musée des Archives nationales – L’hôtel de Soubise - 60, rue des Francs-Bourgeois - 75003 Paris

Accès

Public

Tous publics

Tarif

Gratuit

L’année 2026 marque à la fois le 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique et le 200e anniversaire du Lafayette College. À cette occasion, les Archives nationales et le Lafayette College s’associent pour consacrer une exposition à Gilbert Du Motier de Lafayette (1757-1834). Un personnage adulé aux États-Unis,
controversé en France, qui, tout au long de sa vie, joue un rôle de pont entre deux rives, entre deux cultures politiques.

Aux États-Unis, Lafayette est bien le « héros des deux mondes », une personnalité
essentiellement positive de l’histoire nationale et célébrée comme telle de son vivant
même. En France, le personnage est diversement apprécié pour son rôle dans les
révolutions de 1789 et de 1830. Sa popularité et les jugements qu’ont portés sur lui
ses contemporains puis l’historiographie ont beaucoup varié. Aujourd’hui encore,
certains historiens restent très féroces à son encontre. Cette dichotomie si particulière
à la célébrité de Lafayette est le fil conducteur de l’exposition présentée aux
Archives nationales.

Un rôle politique de premier plan

Par sa longévité, Gilbert Du Motier de Lafayette traverse le temps des bouleversements
et des révolutions. Fervent défenseur des libertés et de l’égalité, guidé par les idées des
Lumières, il joue un rôle de premier plan dans la vie politique. Il s’illustre dans la guerre
d’Indépendance américaine (1777-1781), dans les débuts de la Révolution française
(1789-1792), dans la chute de Napoléon Ier (1815) et dans l’avènement de la monarchie
de Juillet (1830). Au coeur de l’actualité pendant un demi-siècle, sa réputation suscite
la curiosité du public. Peu à peu Lafayette accède à la notoriété, une notoriété qu’il
ne manque pas d’entretenir, lui qui fut toujours soucieux de la construction de son
personnage. Mais une notoriété soumise à l’opinion publique qui en ce XVIIIe siècle fait
irruption dans le jeu politique.
Tandis qu’aux États-Unis il demeure un héros incontesté, en France, après une période
d’enthousiasme, il va très vite être calomnié ; des campagnes de presse orchestrées par
ses adversaires sapent sa popularité, des insinuations les plus malveillantes sont lancées
au travers de publications, affiches et gravures souvent anonymes. Dans les caricatures
qui se diffusent à l’automne 1791, Lafayette est la personnalité la plus représentée
(87 fois, contre 54 pour Louis XVI).

Lafayette ou l’invention de la célébrité

Ces phénomènes sociaux communs à la France et aux États-Unis marquent les
transformations de l’espace public. Dans Figures publiques : l’invention de la célébrité
(1750-1850), l’historien Antoine Lilti montre que « la culture de la célébrité telle que
nous la connaissons, telle qu’elle a envahi nos journaux, nos écrans et nos imaginaires
n’est pas une invention récente. Elle plonge ses racines au coeur du XVIIIe siècle ; elle est
contemporaine [des] Lumières » (rééd. 2022, p. 7, éditions Fayard, Collection Pluriel).
Tour à tour bénéficiaire et victime de l’opinion publique, Lafayette est, en ce sens,
un « bon sujet », non seulement parce que sa notoriété enjambe les périodes
chronologiques traditionnelles et traverse l’Atlantique dans les deux sens, mais parce
que la matière est très abondante. Lafayette a certes peu publié personnellement, mais
il a laissé des écrits personnels édités après sa mort (1837-1838, 6 vol.). Occupant une
place de premier plan dans l’actualité politique (Indépendance américaine, Révolution
française, Restauration, retour triomphal aux États-Unis, révolution de Juillet…), il reçoit
des témoignages de reconnaissance publique (réceptions et banquets, dénominations
de rues, d’établissements d’enseignement, de navires) ; il est pris pour sujet de multiples
œuvres d’art dessinées, peintes, sculptées ; il fait l’objet dès son vivant de nombreux
jugements dans les écrits de ses contemporains (Mirabeau, Napoléon, Germaine de Staël,
Chateaubriand, Lamartine).

Goodies et « Lafayette-mania »

Tout au long de sa vie, Lafayette est l’objet de campagnes d’opinion orchestrées en
sa faveur ou à son encontre. Du côté français, ces campagnes d’opinion hostiles ou
enthousiastes passent par la production et la diffusion de nombreux objets fabriqués
en série : livres imprimés, articles de presse, mais aussi poèmes, chansons, pièces de
théâtre et surtout images (estampes louangeuses ou satiriques, jeux de cartes, calendriers,
médailles, gardes de sabres, éventails, boutons d’habit, tabatières, vaisselle et verrerie
à son effigie…). Du côté américain, la « Lafayette-mania » qui s’est déclarée lors de son
voyage de 1824-1825 a donné lieu à l’édition de produits dérivés ou de goodies (châles de
soie, gants de peau portant le portrait de Lafayette…).
Cette forme de notoriété qui émerge entre les Lumières et l’âge romantique, cet
attachement aux personnalités publiques, qu’elles soient adulées et controversées,
et l’apparition de l’opinion publique dans le jeu politique sont les mécanismes qui ont
fait de Lafayette une figure publique internationale.

En partenariat avec : 

Avec la participation exceptionnelle de :

Partenariats média

Commissariat scientifique

- Alexis Douchin, conservateur aux Archives nationales
- Olga Anna Duhl, professeure de français, titulaire de la chaire d’excellence Olivier Edwin Williams au Lafayette College
- Ingrid Furniss, professeur d’histoire de l’art au Lafayette College
- Ana Ramirez-Luhrs, conservatrice et co-directrice du Département des collections spéciales et des archives au Lafayette College
- Ricardo J. Reyes, directeur des Galeries d’art et conservateur des collections d’art
- Thierry Sarmant, conservateur général aux Archives nationales
- Diane Windham Shaw, directrice émérite des archives et des collections spéciales, Lafayette College
- Elaine M. Stomber, conservatrice, co-directrice du Département des collections spéciales et des archives au Lafayette College

Commissariat technique

- Alexandra Hauchecorne, chargée d’exposition aux Archives nationales
- Régis Lapasin, responsable du service des expositions, département de l’action culturelle et éducative aux Archives nationales

L'exposition en images

Jean-Baptiste Weyler, Portrait de Lafayette, commandant de la Garde nationale, octobre 1790, pastel sur papier Paris, Fondation Josée et René de Chambrun, FC 15.1.46
Louis David, Le Serment de Lafayette à la fête de la Fédération, 1791, huile sur toile Paris, musée Carnavalet-Histoire de Paris, P.1981 CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
Vie privée du marquis de Lafayette, Paris, Bastide, 1790 Paris, Archives nationales, BB/30/160
Jean-Samuel Guisan, Croquis de la concession de Monsieur de Lafayette, 1789 Paris, Archives nationales, MC/ET/VII/559

Suivez-nous sur les réseaux sociaux et Abonnez-vous à notre lettre d’information